Henri Hubert-Delisle, homme politique français

Louis Henri Hubert-Delisle, est né le 1er janvier 1811 à Saint-Benoît et mort le 8 décembre 1881 à Bordeaux.

 

Après de brillantes études de droit, il entame une carrière journalistique et politique dans le Bordelais qui le mènera d'un conseil municipal à l'Assemblée nationale. Ainsi, maire de Saint-André de Cubzac de 1846 à 1850, il est élu député de l'Assemblée Constituante cette dernière année puis député de l'Assemblée Législative en 1849. Il est nommé membre du Comité des colonies et s'y fait remarquer par ses prises de position en faveur de sa terre de naissance. En 1845, il devient par ailleurs conseiller d'arrondissement de Bordeaux pour le canton de Saint-André de Cubzac.

 

Suite au coup d'État du 2 décembre, il pense se retirer dans le Bordelais, mais le ministre Théodore Ducos le propose au Prince-Président pour remplacer à La Réunion le gouverneur Louis Doret. Nommé le 16 février 1852, il est le premier gouverneur créole de La Réunion. Il y restera jusqu'au 8 janvier 1858, date à laquelle il revient en métropole, où l'empereur Napoléon III le nomme sénateur.

 

Sa première tâche en tant que gouverneur est la tournée des communes de l'île pour prendre la mesure des problèmes pendants. Il s'emploie ensuite à remettre les affranchis au travail et à faciliter l'immigration de nouveaux engagés, ce pourquoi il lance de grands travaux dans toute la colonie. Par exemple, pour contourner les difficultés de la route de La Montagne, Henri Hubert-Delisle conçoit le projet du tunnel sous le Cap Bernard. C'est en tout cas durant son gouvernement que la route de ceinture faisant le tour de l'île est bouclée grâce à la traversée du Grand Brûlé et que le projet d'une seconde voie en altitude est imaginé et effectivement construit par tronçons dans les Hauts de Saint-Benoît, Saint-Joseph, Saint-Paul, et Saint-Pierre – on la connaît aujourd'hui sous le nom de route Hubert-Delisle.

En parallèle, de nouvelles institutions sont créées. Avec Hubert Delisle, La Réunion entre dans l'ère du changement. Ainsi, la Banque de La Réunion ouvre ses portes à Saint-Denis. Le pays possède enfin son établissement de crédit. En outre, et afin de développer le sentiment de l'épargne dans la population, le Gouverneur crée par ailleurs la Caisse d'Épargne et de Prévoyance.

Des manifestations prestigieuses organisées. En 1853, l'île organise sa première exposition coloniale. Puis, en 1855, le Muséum d'histoire naturelle est inauguré en présence d'un hôte de marque, le major général Hay, gouverneur de Maurice. La tournée dans l'île de ce personnage est une réussite totale. C'est l'âge d'or pour la colonie.

Entre temps, l'ardeur au travail d'Henri Hubert Delisle vaut à ce bonapartiste des plus ardents d'être fait commandeur de la Légion d'Honneur par l'Empereur et commandeur de Saint-Sylvestre par le Pape.

 

En 1857, Hubert-Delisle devient sénateur du Second Empire puis Sénateur de la Gironde jusqu'en 1879.

Il est aussi conseiller général de la Gironde pour le canton de Saint-André de Cubzac de 1865 à 1881 et président du Conseil général de la Gironde de 1878 à 1879.

Il s'éteint subitement le 8 décembre 1881 à Bordeaux alors qu'il s'apprêtait à prendre la parole à une séance de la Société d'agriculture de la Gironde. Il est enterré dans le caveau de famille au cimetière de la Chartreuse à Bordeaux.

En un laps de temps relativement court (1852-1858), Hubert-Delisle aura transformé son île, même si tous les projets ne pourront être réalisés.

Robert Gauvin écrit qu'il "aura ouvert de nouvelles voies pour désenclaver le pays, construit des infrastructures et des bâtiments qui donnent encore en partie leur physionomie à Saint-Denis et à Saint-Pierre. C’est un bâtisseur de notre patrimoine. L’ère Hubert-Delisle est exceptionnelle et coïncide avec un réel essor dû au développement de l’économie sucrière. Cette période faste ne devait malheureusement pas durer… "

 

 

 

Un détail concernant l'orthographe du patronyme. Nous trouvons Hubert Delisle, Hubert-Delisle, Hubert de Lisle et Hubert de L'Isle. Ces variantes ont toutes été portées par le Gouverneur qui préférait la forme "Hubert Delisle", avec ou sans tiret, afin que l'on différencie bien son nom du prénom "Hubert".