Joseph Hubert, savant botaniste

Botaniste de talent, autodidacte de génie, Joseph Hubert est le premier savant réunionnais, grâce à ses travaux sur les épices, et plus particulièrement sur la girofle.

 

Il est le grand-oncle du Gouverneur Henri Hubert-Delisle.

 

Il est né le 22 avril 1747 à Saint-Benoît, d'Henry Hubert (1717-1752), lieutenant d'infanterie, capitaine de milice bourgeoise, et de Marie Madeleine Lucas.

 

"Un visage coloré, régulier et plein qu'éclairent et spiritualisent deux yeux magnifiques, des yeux bleus et profonds comme la mer indienne un jour de soleil, lumineux de flamme intérieure, deux aimants à l'influx irrésistible."

C'est ainsi que l'ancien sénateur Jules Repiquet commente l'oeuvre de d'Épinay, qui a réalisé un buste de Joseph Hubert, qui, avec la lithographie due à Roussin, permet de se faire une idée assez précise de la physionomie du premier savant réunionnais. 

 

Né à Saint Benoit en 1747, fils d’un officier, ce n’est pas pour autant que ce statut de privilégié lui fera faire de grandes études. Non, Joseph Hubert doit tout son savoir à ses observations minutieuses des plantes. Dès 1770, lorsque l’interdiction de cultiver des plantes tropicales est levée, Pierre Poivre, alors gouverneur des îles Bourbon (La Réunion) et île de France (Maurice), s’intéresse de près à ce jeune homme qui possède un si grand intérêt pour les arbres exotiques. Lors d’une de ses visites au Jardin des Pamplemousses à l’île de France, les deux hommes deviendront même des amis proches. Il passa toute sa vie à Saint-Benoît, dans un cadre plutôt agréable. Il n'a quitté son île que pour trois courtes visites à Port-Louis. Poivre donne à Hubert dès la levée de l’interdiction de 1770 un giroflier et deux muscadiers. Il les replante sur sa propriété à Saint Benoît. Le climat de l’endroit, chaud et humide convient parfaitement à ses épices. Alors qu’un autre essai de replantage de giroflier à Saint Paul se résumera à un échec. Joseph Hubert étudiera de façon scientifique, en retranscrivant notamment toutes ses expériences, les épices ainsi repiqués chez lui. Son plus grand succès sera le fameux giroflier offert par Pierre Poivre qui en 1806 atteignit 60 pieds de haut. Malheureusement il mourut cette même année d’un fort coup de vent. Ce giroflier est le « père » de tous les girofliers de l’île, car Joseph Hubert su faire fructifier l’arbre, et distribua bon nombre de plants à ses amis.
Dès 1790 les distributions se font à grande échelle, et commence alors une véritable récolte de la girofle. En 1815 on en exporte alors 131 tonnes, puis près de 800 tonnes en 1829. Malheureusement, la baisse des cours de cet épice qui était jusque là fort prisé aura raison de sa culture. Il faut également mentionné que Joseph Hubert fut aussi le père de l’arbre à pain, dont le premier fut également introduit dans sa propriété. De même pour le Mangoustan qui avait été introduit dès 1753 sur l’île, mais qui n’avait jamais fructifié. Joseph Hubert, à force de travail et de patience y arrivera. Il plantera également les premières boutures de Litchi, arbre provenant de Chine. En tout, ce sont des centaines et des centaines d’espères botaniques (arbres, plantes, fleurs, etc.) dont Joseph Hubert dota La Réunion.
Il mourut le 19 avril 1825, et bien peu de gens savent de nos jours que le variété et la beauté de la flore réunionnaise doit beaucoup à Joseph Hubert.

 

Marié en 1802 à Gertrude Félicité Lebeau, il aura un fils, Joseph Dieudonné Eaubel Hubert (1803) (pas de descendance connue).

 

 

Bibliographie :

Gabriel Gérard, "Joseph Hubert, au coeur d'un siècle de multiples turbulences", Azalées éditions, 2006.