Sénateur sous l'Empire et la République

Rentré en métropole, Henri Hubert-Delisle ne se borne pas à ses réceptions au château du Bouilh. Nommé sénateur de l’Empire par décret impérial du 28 décembre 1857, il se fait aussitôt remarquer à la Haute Assemblée par ses rapports sur les questions d’affaires. Il est encore sénateur sous la Troisième République (jusqu’en 1879), tant était grande sa popularité en Gironde où, malgré le temps écoulé, l’on n’y a pas encore oublié les éminents services qu’il lui a rendus.

 

En 1865, le sénateur devient commandeur de la Légion d’honneur, distinction qu’il ajoute à celles des ordres de Saint-Sylvestre et de Saint-Grégoire le Grand qu’il a déjà reçu du Pape. Il n’oublie pas son île natale puisqu’il s’occupe d’affaires maritimes et coloniales.

Au Sénat, Hubert-Delisle a montré une puissance d’action peu ordinaire. Il n’y a pas de question importante traitée sans qu’il ait pris part à la discussion. On peut citer son discours remarquable sur la loi des céréales qui impressionna l’auditoire et qui valut à son auteur cet aveu de l’Empereur fait en public : « Votre discours m’a frappé et convaincu ». Ne s’occupant que de questions techniques mais utiles, Hubert-Delisle est arrivé à la plus saine des popularités. Cela n’empêche pas les Communards en 1871 de piller son appartement parisien après avoir bu tout le vin de sa cave !

 

En 1865, il est brillamment élu conseiller général du canton de Saint-André de Cubzac. Il le restera jusqu’à sa mort. Il préside même le Conseil général de la Gironde de 1878 à 1879. Il est également membre du Conseil supérieur du commerce et vice-président de la Société des Agriculteurs de France, déployant dans ses diverses fonctions la plus louable activité.

 

Le couple Hubert-Delisle reçut au château du Bouilh d'innombrables personnalités parmi lesquelles se distinguent le Maréchal de Mac-Mahon, président de la République, Ferdinand de Lesseps et toute sa famille, le cardinal Donnet, sénateur de l'Empire, le président du Sénat Troplong, les familles Théophile Gautier et Victor Duruy et puis surtout le poète Alphonse de Lamartine

(voir le livre de Christophe Meynard sur "Saint André de Cubzac", éditions Sutton, 2010).