Les réalisations

Le 4 juillet 1853, la Banque de La Réunion ouvre ses portes à Saint-Denis. Le pays possède enfin son établissement de crédit.

Cette même année, l'île organise sa première exposition coloniale. Instituée par décret du Gouverneur, elle ouvre ses portes le 6 octobre dans les allées du jardin colonial. Elle se substituait à la « Fête du travail », établie en 1848. Un jury constitué par le Gouverneur récompense les meilleurs exposants.

 Le 12 avril 1854, il crée l’ancêtre de la Chambre d’agriculture actuelle.

Afin de développer le sentiment de l'épargne dans la population, le Gouverneur crée la Caisse d'épargne et de prévoyance.

Pour contourner les difficultés de la route de la Montagne, Hubert-Delisle conçoit le projet du tunnel sous le Cap Bernard. Il crée plusieurs routes pour réduire le désenclavement économique de l'île : route des Plaines entre Saint-Benoît et Saint-Pierre ; route Hubert-Delisle dans les hauts de Saint-Paul qui passe par Saint-Leu, Saint-Pierre et Saint-Joseph ; inauguration des travaux de la route de ceinture, à Saint-Benoît le 15 avril 1857. Il fait ouvrir une route de liaison avec Salazie. Il encourage le projet d'aménagement d'un port à Saint-Pierre et pose la première pierre le 12 mars 1854. Hubert-Delisle a « une vision organisée de l’espace et de la nécessité de relier les hauts et les bas pour rendre la vie possible », dit l’historien Prosper Eve.

Dans son palais des Gouverneurs devenu préfecture aujourd’hui, il réaménage le premier étage et notamment le salon d’honneur qui peut accueillir 500 personnes. Il souhaite en effet faire profiter de ce lieu aux Réunionnais.

Les éloges dont on le comble ne font que stimuler son énergie. Le 14 août 1855, le muséum d'Histoire naturelle est inauguré en présence d'un hôte de marque, le major général Hay, Gouverneur de l'île Maurice. La tournée dans l'île du Gouverneur Hay est une totale réussite. En décembre 1855, invité à participer à l'île sœur aux festivités organisées pour célébrer la reine Victoria, le Gouverneur obtient du gouvernement anglais l'extension à La Réunion du service postal maritime.

1856 sera la naissance de la Société des Sciences et des Arts. Sa séance inaugurale a lieu le 8 février 1856 sous la présidence d’Hubert-Delisle qui y prononcera l'éloge de Mahé de Labourdonnais devant sa statue. Il crée un asile de vieillards, une léproserie à la Montagne ainsi que l'exposition permanente des produits tropicaux.

Celui que l'on qualifia de « Labourdonnais du XIXème siècle » est constamment épaulé par son épouse qui se dépense, elle aussi, sans compter pour l'île. Le 25 décembre 1856, le corps a ses raisons et Amélina Hubert-Delisle est obligée de rentrer à Bordeaux. La jeunesse mondaine comme les pauvres la regrettèrent car elle cherchait toutes les occasions de répandre des bienfaits.

 

Le Gouverneur ne tardera pas à ressentir lui-même le coût de l'énergie développée en six années au service du pays. Le 8 janvier 1858, il quitte son île à bord du navire « l'Azof ». La veille de son départ, il adresse aux Réunionnais cette proclamation publiée dans le Moniteur universel du 9 janvier 1858 : « Habitants de la Réunion, c’est avec un sentiment de profonde tristesse que je m’éloigne de vos rivages aimés. Attaché à cette colonie par tous les liens les plus chers au cœur de l’homme, depuis que la confiance du souverain m’avait appelé à l’administrer, j’avais fait de ses intérêts le premier des intérêts de ma vie. J’y avais consacré tout ce que le ciel a pu me donner d’énergie et d’amour du bien (...) Adieu donc, habitants de la Réunion ! Adieu, mes amis et mes compatriotes ! Les six années que je viens de passer parmi vous ont été, je vous l’ai déjà dit, les plus belles de ma vie. Elles resteront mon meilleur et mon plus précieux souvenir. ».